Le « manifeste agile » est un document qui est nĂ© en fĂ©vrier 2001 (Ă Snowbird dans l’Utah) lors d’un sĂ©minaire qui a rassemblĂ© 17 experts [1] en logiciels et approches de gestion de projet. Ce document est considĂ©rĂ© comme le point de dĂ©part du mouvement Agile, il comporte 4 valeurs et 12 principes. Â
Manifeste Agile : IntroductionÂ
Il existe des documents qui ont indĂ©niablement marquĂ© lâhistoire humaine : il y a eu la dĂ©claration universelle des droits de lâhomme, la magna carta, la dĂ©claration dâindĂ©pendance des Ătats-Unis, le code dâHammourabi, etc. Eh bien de la mĂȘme façon, on pourrait dire que le « manifeste agile » sâinscrit dans cette lignĂ©e de ces documents historiques qui ont marquĂ© lâhistoire de la gestion de projet. Il sâagit dâun document rĂ©volutionnaire de gestion de projet initiĂ© originellement dans le domaine informatique par 17 spĂ©cialistes [1] des logiciels et des frameworks.
Ils y ont prĂ©sentĂ© 4 valeurs principales et 12 principes qui met davantage lâaccent sur les individus et interactions humaines plutĂŽt que sur les processus et les outils. En effet, on reprochait souvent aux chefs de projet traditionnels, une certaine rigiditĂ© et une certaine lourdeur dans l’application des processus qui venaient ralentir les projets. Le manifeste agile a donnĂ© naissance Ă un courant de pensĂ©e qui sâest dĂ©multipliĂ© ensuite sur plusieurs approches dites « agiles » (Scrum, Crystal, Extrem programming ou XP, FDD, DSDM, AUP, Scrumban, etc.). Alors, je vous rassure tout de suite, si vous prĂ©parez la certification PMPÂź prochainement, n’aurez pas Ă les connaĂźtre par coeur. Toutefois vous devez avoir une bonne culture agile car l’agilitĂ© a dĂ©sormais pris une place incontournable dans l’Ă©conomie du projet. Et cela commence par le « manifeste agile ».
Etymologie du manifeste agile
Dâabord dâoĂč vient le terme « manifeste » ?
« Manifeste », signifie Ă©tymologiquement « visible ». Ă lâorigine les manifestes servaient Ă exprimer des « revendications » politiques ou encore sociales pour les rendre « visibles ». Par exemple, il y a eu le manifeste allemand des 12 articles de 1525, le manifeste amĂ©ricain du mouvement des droits civiques (1960) ou encore le manifeste du parti communiste.
Si je devais faire un pari, je dirais que lâinspiration de lâexpression « manifeste agile » provient du manifeste futuriste de Filippo Tommaso Marinetti (1909) car il a beaucoup contribuĂ© Ă influencer lâart et la culture du XXe siĂšcle en prĂŽnant la modernitĂ©, la technologie et la vitesse. Je fais cette remarque car le premier des 12 principes du « manifeste agile » est centrĂ© sur une livraison « rapide » de fonctionnalitĂ©s Ă grande valeur ajoutĂ©e, mettant en avant la vitesse dans le dĂ©veloppement logiciel moderne. Je le rappelle pour mĂ©moire : « Notre plus haute prioritĂ© est de satisfaire le client en livrant rapidement et rĂ©guliĂšrement des fonctionnalitĂ©s Ă grande valeur ajoutĂ©e. » (extrait du principe n°1 du manifeste Agile).Â
Schéma n° 1 : les 4 valeurs du manifeste agile
Les 4 valeurs du manifeste Agile : avantages et inconvénients
Valeur n°1 :
Les individus et leurs interactions plus que les processus et les outils
đĄInterprĂ©tation : On comprend de cette premiĂšre valeur que ce ne sont pas les processus dans les entreprises qui font la diffĂ©rence mais bien les femmes et les hommes qui la compose. Les outils et les processus ne sont que des « moyens » au service de finalitĂ©s plus grandes. Par exemple : Un marteau est un outil mais il nâaura pas la mĂȘme finalitĂ© dans les mains dâun plombier, dâun ouvrier ou dâun meurtrier. Câest lâintention initiale qui fait la diffĂ©rence.
Ceci Ă©tant dit (et ceci est valable pour les 4 valeurs du manifeste agile), les processus et les outils ne sont pas Ă jeter Ă la poubelle. On voit bien dans cet exemple du marteau que lâoutil a une « rĂ©elle » valeur.  Il sâagit juste de dire que câest une priorisation dans lâapplication des directives. Cf. la derniĂšre phrase du manifeste agile : « Nous reconnaissons la valeur des seconds Ă©lĂ©ments, mais privilĂ©gions les premiers ».
âïžAvantage : La diversitĂ© humaine dĂ©passe largement les processus et les outils utilisĂ©s. Par exemple : si lâentreprise de covoiturage BlaBlaCar (bla-bla : un exemple topique ! :)) avait suivi aveuglĂ©ment les processus et les outils de leur Chief Compliance Officer de lâĂ©poque, lâentreprise nâaurait jamais pu exister ! Pour rappel, on leur reprochait dâexercer une activitĂ© de transport illĂ©gale. Ce conflit avec les autoritĂ©s françaises a finalement abouti Ă la lĂ©galisation du covoiturage en France.
âInconvĂ©nients : On comprend Ă©galement de cette valeur, que les individus et leurs interactions doivent ĂȘtre « saines ». Lorsquâelles sont de piĂštre qualitĂ©, elles peuvent ĂȘtre catastrophiques pour une entreprise. Exemple : LorsquâElon Musk a pris la dĂ©cision de racheter lâentreprise Twitter, il a limogé bon nombre dâhommes et de femmes « clĂ©s ». RĂ©sultat, la valeur de Twitter a baissĂ© de plus 50% au dĂ©but du rachat (20 milliards de dollars contre 44 milliards). Les processus et les outils Ă©taient lĂ , mais ils nâont pas su/pu convaincre les individus et leurs interactions de leur frĂ©nĂ©sie.
Valeur n°2 :
Des logiciels opĂ©rationnels plus qu’une documentation exhaustive
đĄInterprĂ©tation : Il vaut mieux un logiciel qui fonctionne plutĂŽt quâun logiciel qui suit lâencyclopĂ©die technique du cahier des charges mais qui plante Ă chaque clic ! Je pense quâici nous touchons du doigt une des plus grandes problĂ©matiques de gestion de projet, Ă savoir : « le recueil des exigences ». Parce quâon touche ici aux limites du langage. Les mots sont ambigus car ils peuvent avoir plusieurs significations et ils sont incomplets car on ne peut pas toujours dĂ©crire toutes les nuances dâune idĂ©e ou d’une Ă©motion. Selon Ludwig Wittgenstein (cf. « Le Tractatus logico-Philosophicus »), il est impossible dâexpliquer par Ă©crit une « couleur » Ă une personne aveugle. Cela nĂ©cessiterait des dĂ©monstrations complexes et peu efficaces. Parfois, les choses se comprennent mieux en se « montrant » qu’en « sâexpliquant ». Bien sĂ»r, cela ne signifie pas que les approches agiles doivent sâaffranchir dâune quelconque documentation, mais disons quâelles doivent rester « simples » et « courtes ».Â
âïžAvantage : Cette valeur a le mĂ©rite dâĂȘtre trĂšs pragmatique. Si la documentation technique se contredit : eh bien ce nâest pas grave ! Si la documentation nâest pas suffisamment prĂ©cise sur un point, eh bien ce nâest pas grave ! PrivilĂ©gions dâabord les hypothĂšses qui fonctionnent ! Regardez le schĂ©ma de la mĂ©thode TRIZ, une mĂ©thode de rĂ©solution de problĂšmes inventĂ©e par lâingĂ©nieur russe Genrich Altshuller dans les annĂ©es 1940. On voit bien sur ce schĂ©ma quâil faut une bonne dose de motivation pour pouvoir utiliser cette mĂ©thode ! (humour : cliquez-ici pour la dĂ©couvrir) Mais est-ce fondamentalement utile ? Parfois, en utilisant son bon sens et son intuition, on peut trouver des solutions opĂ©rationnelles Ă des problĂšmes complexes, sans nĂ©cessairement passer par des documents ultra sophistiquĂ©s ou thĂ©oriques.
âInconvĂ©nients 1 : Certains clients pensent du coup (Ă tort) que cette valeur doit les exonĂ©rer dâun cahier des charges (cf. le jugement du 7 octobre 2020 du tribunal de commerce de Paris dĂ©crit dans le paragraphe suivant). Le client avait demandĂ© Ă son fournisseur de vĂ©rifier la conformitĂ© des applications en lui dĂ©lĂ©guant les phases de « tests » logiciel. Mais ce nâest pas parce quâon cherche Ă avoir des logiciels opĂ©rationnels plutĂŽt quâune documentation exhaustive quâil ne doit plus y avoir « dâexigences client ».
âïž Ă noter : vous entendrez quelquefois des dĂ©bats inutiles autour du terme « opĂ©rationnel ». Certains rigoristes tombent dans les travers du langage dĂ©crits prĂ©cĂ©demment. Ils reprochent Ă ce mot clĂ© « opĂ©rationnel » de ne pas suffisamment mettre en relief le terme « valeur ». Car on peut avoir des logiciels qui fonctionnent bien mais qui ne correspondent pas aux besoins des clients. Je pense que câest un dĂ©bat stĂ©rile car il est indiquĂ© dĂšs le 1er principe du manifeste agile (cf. les 12 principes dĂ©crits plus bas) : notre plus haute prioritĂ© est de satisfaire le client en livrant rapidement et rĂ©guliĂšrement des fonctionnalitĂ©s Ă grande valeur ajoutĂ©e.
Valeur n°3 :
La collaboration avec les clients plus que la négociation contractuelle
đĄInterprĂ©tation : Comme nous lâavons vu avec la prĂ©cĂ©dente valeur du manifeste agile, le langage a ses propres limites et on ne peut pas « tout dire » au travers de lâĂ©crit. Il est donc totalement utopiste de penser quâun contrat parfait puisse exister. Mais en dĂ©finitive, Ă quoi ça sert un contrat ? Un contrat ça sert Ă clarifier des attentes, Ă protĂ©ger des droits, Ă spĂ©cifier des responsabilitĂ©s et Ă faciliter les recouvrements en cas de litige. Mais si on part du principe que nos droits seront bafouĂ©s, que nos garanties seront annulĂ©es ou encore quâon rencontrera des problĂšmes de paiement Ă chaque interaction avec notre interlocuteur, alors pourquoi diable conclure un contrat ??
Nâest-il pas au contraire prĂ©fĂ©rable de ne pas conclure dâaccord ? Laissez-moi vous donner un exemple : si vous ĂȘtes persuadĂ© que votre livreur de pizza veut vous empoisonner, alors pourquoi continuer Ă choisir cette pizzeria ? Ne vaut-il pas mieux choisir une pizzĂ©ria en qui vous avez confiance ? Ce que je veux vous dire câest quâun contrat repose dâabord et avant tout sur de la confiance. Comme disait Maurice Dufresse (ancien sous-directeur de la DGSE) : la confiance câest comme le permis Ă point, on donne tous les points dĂšs le dĂ©part puis on les retire au fur et Ă mesure đ Bien sĂ»r cela ne veut pas dire quâil faille ĂȘtre totalement naĂŻf, on doit quand mĂȘme mettre en place quelques garde-fous contractuels mais câest surtout la confiance plutĂŽt que la mĂ©fiance qui fera quâon travaillera plus efficacement.     Â
âïžAvantage : Cette valeur offre lâavantage dâavoir plus de proximitĂ© avec ses clients et donc dâavoir davantage des relations de long terme. Ce qui est de nature Ă encourager la confiance. Quand on a confiance, on peut prendre quelques libertĂ©s avec les contrats qui peuvent ĂȘtre ajustĂ©s en fonction des besoins mouvants du moment. In fine, cette maniĂšre de faire coĂ»te moins cher pour tout le monde (aux clients et aux fournisseurs) puisque les coĂ»ts juridiques et administratifs liĂ©s aux rĂ©dactions de contrat sont moins prĂ©sents.
âInconvĂ©nient : Dâaucuns pensent que cette valeur les dispense de formalisation. Si on fait lâimpasse sur trop dâaspects contractuels, on sâexpose Ă des risques importants. Le 7 octobre 2020, le tribunal de commerce de Paris a analysĂ© la question de savoir si un fournisseur informatique Ă©tait responsable dâun retard de livraison dâun projet effectuĂ© en mode « agile ». Le fournisseur nâa pas Ă©tĂ© jugĂ© responsable et ce pour plusieurs raisons. Le prestataire nâavait pas de cahier des charges, le client avait signĂ© les procĂšs-verbaux de recettes sans Ă©mettre de rĂ©serves et surtout le client avait payĂ© son fournisseur (le paiement est une preuve dâaccord).
Autre inconvĂ©nient : Il peut Ă©galement y avoir des problĂ©matiques de transfert de propriĂ©tĂ© intellectuelle entre le client et le fournisseur. Par exemple : si un client donne des directives rĂ©guliĂšres sur un produit qui ensuite est utilisĂ© par des milliards dâutilisateurs, il voudra certainement sâen attribuer la paternitĂ©. Il convient donc de clarifier les responsabilitĂ©s du client et du fournisseur.
Valeur n°4 :
L’adaptation au changement plus que le suivi d’un plan
đĄInterprĂ©tation : Cette valeur va nous engager Ă crĂ©er un contrat suffisamment large pour quâil offre certaines marges de manĆuvres au fournisseur. Il devra prĂ©voir des modalitĂ©s dâadaptation au changement et des limites pour sĂ©curiser le projet sans toutefois tomber dans les travers de la valeur n°3 (qui prĂ©voirait une contractualisation extrĂȘme). Dâaucuns parlent de « smart contrat » cela peut-ĂȘtre une idĂ©e intĂ©ressante. On peut Ă©galement proposer une facturation au temps passĂ© et au pĂ©rimĂštre dâavancement (cf. les contrats Ă frais remboursable ou en rĂ©gie, exposĂ©s dans le PMBOKÂź). Dâautres nous invitent Ă©galement Ă raisonner en « outcomes » (rĂ©sultat) plutĂŽt quâen « outputs » (livrable ou donnĂ©e de sortie).
Par exemple : un bijoutier veut crĂ©er une application mobile avec un service de paiement Premium : ceci est « lâoutcome ». Eh bien le fournisseur pourra proposer dâinstaller un bouton comme PayPal : ceci est le livrable (lâoutput). Mais dâautres solutions de paiement seront Ă©galement possibles (Payoneer, Stripe, Google Pay, etc.). Le changement sera tout Ă fait possible tant que le rĂ©sultat (lâoutcome) reste le mĂȘme. Dans le cas contraire, il faudra penser Ă crĂ©er de nouveaux annexes au contrat ou Ă changer de typologie de contrat. Tous les chemins mĂšnent Ă Rome, ce quâil faut comprendre ici câest lâĂ©tat dâesprit agile.   Â
âïžAvantage : lâapproche agile permet de modifier facilement les termes et les conditions du contrat en cas de changement dâexigence client. La livraison rĂ©guliĂšre de petit bout de valeur permet de dĂ©tecter et rĂ©soudre les problĂšmes rapidement. Ce qui rĂ©duit les risques pour les parties prenantes impliquĂ©es. Lâouverture au changement renforcera Ă©galement la confiance entre les parties.
âInconvĂ©nients : sur le plan thĂ©orique tout le monde est dâaccord il vaut mieux sâadapter aux changements plutĂŽt quâavoir une approche rigoriste de suivi de plan. Sur le plan pratique cette derniĂšre valeur du manifeste agile peut ĂȘtre plus difficile Ă appliquer. Car les changements peuvent entraĂźner des coĂ»ts supplĂ©mentaires et des dĂ©lais imprĂ©vus. Tout va dĂ©pendre de la nature du changement. Sâagit-il dâun changement ? Dâune transformation ? Ou dâune mĂ©tamorphose ? En effet, ce nâest pas parce que le changement est bienvenu en approche agile quâon va transformer projet de tuyau dâarrosage en vaisseau spatial ! đ
đNous reconnaissons la valeur des seconds Ă©lĂ©ments, mais privilĂ©gions les premiers.
Le manifeste agile prĂ©cise bien que les « seconds Ă©lĂ©ments » des 4 valeurs du manifeste agile (les processus, les outils, la documentation, le contrat et le plan) ont de la valeur. Ce qui prouve bien quâils nâont pas disparu. Ils devront ĂȘtre Ă©galement minutieusement traitĂ©s pour pouvoir offrir toute leur « valeur ». Toutefois les premiers Ă©lĂ©ments seront Ă intĂ©grer prioritairement. Câest comme une tarte au citron meringuĂ©e, le lait concentrĂ© ou la crĂšme fraĂźche qui servent Ă adoucir la garniture au citron sont importants mais sans la pĂąte sablĂ©e, le gĂąteau ne sera jamais rĂ©ussi ! đ                 Â
Qu’est-ce qu’un Framework ?
On pourrait traduire framework par « librairie de bonnes pratiques ». Un framework c’est un peu comme le « solfĂšge » qui nous aide Ă produire des « accords » et des « notes » musicales qui s’articulent bien entre elles pour crĂ©er une mĂ©lodie harmonieuse. Et l’artiste, c’est celui qui choisit les instruments complĂ©mentaires et les paroles pour produire la chanson. Â
Eh bien, un framework câest un peu la mĂȘme chose, c’est un cadre de travail qui amĂ©liore la productivitĂ© des Ă©quipes en dĂ©finissant des rĂšgles et des structurations suffisamment souples pour permettre aux Ă©quipes d’atteindre un outcome (rĂ©sultat). A la maniĂšre d’amateurs de boissons, on « choisit » son cocktail !
âïž A noter : vous l’aurez compris, les frameworks agiles ne sont pas aussi prescriptifs que les approches traditionnelles de gestion de projet telles que lâapproche par processus ou le cycle en « V ». En fait, il y a un dĂ©bat en interne (qui nous conduirait Ă une rĂ©gression Ă l’infini Spinozienne [2] :)) pour dire que lâagilitĂ© nâest ni une mĂ©thode, ni une pratique, ni une technique ni un cadre de travail. Le PMIÂź qui Ă co-Ă©crit le guide des pratiques agiles avec la Scrum Alliance a optĂ© pour lâutilisation du terme « approche agile ».
Les 12 principes du manifeste agile : illustrations et exemples
Principe n°1. Notre plus haute priorité est de satisfaire le client en livrant rapidement et réguliÚrement des fonctionnalités à grande valeur ajoutée.
Le principe est un des plus vieux principes du commerce avoir des clients satisfaits. Parce quâun client satisfait câest un client fidĂšle et un client qui recommandera de service. Les clients sont impatients donc il faut leur fournir des livrables rapidement. Mais la rapiditĂ© permet aussi aux clients de tester et donner du feed-back sur les fonctionnalitĂ©s dĂ©veloppĂ©es. Ce qui permettra de dĂ©tecter rapidement les Ă©ventuels problĂšmes erreurs. Ne pas se perdre dans les dĂ©tails. Pour ce faire, vous devez toujours raisonner « valeur ». Le « raisonnement valeur » orientĂ© agile se traduit de la façon suivante : comment puis-je apporter une fonctionnalitĂ© qui soit la plus utile possible sans quâelle me coĂ»te une fortune ?
Principe n°2. Accueillez positivement les changements de besoins, mĂȘme tard dans le projet. Les processus Agiles exploitent le changement pour donner un avantage compĂ©titif au client.
Imaginez la situation suivante. Imaginez que les stakhanovistes de lâagilitĂ© et que les extrĂ©mistes des approches prĂ©dictives (Cycle en « V », Waterfall, etc.) se retrouvent un jour sur un terrain de football. Que va-t-il se passer ? Eh bien câest trĂšs simple,  les adeptes des mĂ©thodes agiles vont reprocher aux traditionnalistes dâĂȘtre paralysĂ©s par tous leurs plans quâils ont planifiĂ© rigoureusement Ă lâavance (le joueur n°1 qui fait une passe au joueur n° 4, le joueur n° 4 fait une passe au joueur n°8, etc.). Et dâun autre cĂŽtĂ©, les obsĂ©dĂ©s des approches prĂ©dictives, vont quant Ă eux reprocher aux agilistes de ne pas suivre les rĂšgles du jeu Ă la lettre.
En rĂ©alitĂ©, ces deux Ă©quipes ont toutes les deux raisons ! Câest juste quâelles ne tiennent pas suffisamment compte de leur « environnement ». Un projet, câest un projet – certes – contraint par des forces intĂ©rieures (le budget, les dĂ©lais, le pĂ©rimĂštre, etc.) mais il est aussi contraint par des forces « extĂ©rieures » : la vitesse des concurrents (le Time to Market), lâimprĂ©cision des besoins du client, la raretĂ© des compĂ©tences techniques sur les projets innovants, etc.
- Dans un contexte certain (exemple : un projet de dĂ©mĂ©nagement entre Paris et Marseille). Il sera prĂ©fĂ©rable dâutiliser des mĂ©thodes prĂ©dictives de gestion de projet [3]. Mais si le changement arrive tard dans ce type de projet, il pourra ĂȘtre « catastrophique » pour ses coĂ»ts (le client informe son fournisseur la veille du dĂ©mĂ©nagement quâil veut dĂ©mĂ©nager Ă Bordeaux).
- A lâinverse, lorsquâun projet Ă©volue dans un contexte incertain (Ă l’inverse de l’exemple prĂ©cĂ©dent, il y a plus dâinformations inconnues que dâinformations connues. Exemple : les projets innovants de lâintelligence artificielle), il sera prĂ©fĂ©rable dâutiliser des approches « agiles » de gestion de projet. Et les changements seront les bienvenus puisquâils seront « obligatoires » (cf. le modĂšle de STACEY, schĂ©ma n°1).
Schéma n° 2 : le modÚle de Stacey [3]
Principe n°3 : Livrez fréquemment un logiciel opérationnel avec des cycles de quelques semaines à quelques mois et une préférence pour les plus courts.
Un des travers quâon a pu voir apparaĂźtre dans les approches de dĂ©veloppement prĂ©dictives (cycle en V, Waterfall, etc.), câest « lâeffet tunnel » câest-Ă -dire lâabsence de visibilitĂ© sur les projets. Quand les chefs de projet rĂ©cupĂ©raient leurs mandats de projet, ils disparaissaient, tels des David Copperfield :), ils ne ressortaient de leur cachette que pour prĂ©senter le rĂ©sultat final. Câest justement pour cette raison que les mĂ©thodes agiles ont mis en place le concept du « sprint ». Un sprint câest quoi ? Câest une durĂ©e fixe qui va permettre aux Ă©quipes de se mettre en ordre de bataille pour livrer frĂ©quemment des « fonctionnalitĂ©s » valeur.
Veuillez noter quâĂ partir du moment oĂč on va dĂ©finir une durĂ©e fixe, on va sâefforcer de la garder pour pouvoir maximiser la cadence de travail et lâadaptabilitĂ©. Par exemple : lâĂ©quipe de dĂ©veloppement travaille sur une application mobile pour des coiffeurs. Eh bien plutĂŽt que de compiler toutes les tĂąches possibles de lâapplication mobile et de revoir son client que 8 ou 12 mois plus tard avec son application mobile. Elle va dĂ©finir une durĂ©e, disons 2 semaines et Ă partir de lĂ , elle va se demander ce quâelle peut offrir comme fonctionnalitĂ©s qui offriraient le maximum de valeur Ă son client dâici 2 semaines. Est-ce que câest le lien bouton de paiement « Paypal » ? « est-ce que câest lâespace de chat » ? Etc. Câest important de garder une durĂ©e fixe et courte pour pouvoir voir si 2 semaines, les fonctionnalitĂ©s apportent toujours autant de valeur au client ou sâil faut les changer.   Â
NB : parfois certains frameworks agiles (comme lâExtreme programming ou XP, Discipline Agile, SAFe, etc.) utilisent le terme « itĂ©ration » en place et lieu du terme « sprint » (utilisĂ© pour Scrum, Spotify, etc.) mais dites-vous quâils ont essentiellement la mĂȘme signification.   Â
Principe n°4 : Les utilisateurs ou leurs représentants et les développeurs doivent travailler ensemble quotidiennement tout au long du projet.
Dans la premiĂšre partie de cet article (voir la 2Ăšme valeur du manifeste agile : « des logiciels opĂ©rationnels plus quâune documentation exhaustive »), jâexplique quâil y a eu un jugement datant du 7 octobre 2020 Ă©manant du tribunal de commerce de Paris dans lequel on voit bien les travers possibles dâune relation client-fournisseur inefficace. Le client avait demandĂ© Ă son fournisseur de faire lui-mĂȘme les « tests » du logiciel (certains pensent que câest un fonctionnement agile mais câest une erreur !). Le mot-clĂ© le plus important de ce 4Ăšme principe est « quotidien ». Il ne sâagit pas de faire des points dâavancement une fois par semaine comme cela peut ĂȘtre le cas dans les approches prĂ©dictives.Â
Il sâagit ici au contraire de faire des points quotidiens entre le(s) client(s) et le(s) fournisseur(s) en utilisant des communications en face-Ă -face (nous reviendrons sur ce point un peu plus loin dans cet article). LâidĂ©e Ă©tant de travailler dans un esprit de « confiance » et de « coopĂ©ration » pour co-construire des solutions aux problĂšmes rencontrĂ©s. On est loin des rĂ©unions de type : « reporting » dans lesquelles on doit justifier ses problĂšmes face Ă des clients nĂ©gligents.Â
Principe n°5 : RĂ©alisez les projets avec des personnes motivĂ©es. Fournissez-leur lâenvironnement et le soutien dont ils ont besoin et faites-leur confiance pour atteindre les objectifs fixĂ©s
Richard Branson disait : « si vous prenez soin de vos employĂ©s, ils prendront soin de votre entreprise ». Jâaime beaucoup cette idĂ©e. De la mĂȘme façon quâil sâagit de travailler en confiance avec ses clients externes, il sâagit de travailler en toute confiance avec ses clients internes : câest-Ă -dire avec ses collaborateurs. Un collaborateur considĂ©rĂ© est un collaborateur motivé !
Faire plaisir Ă ses collaborateurs nâest pas un crime, au contraire, câest une preuve dâintelligence. Personne ne peut croire que les collaborateurs qui vivent dans la terreur et la mĂ©fiance sont plus efficaces que les collaborateurs qui prennent du plaisir au travail en toute autonomie pour atteindre les objectifs fixĂ©s. Câest ainsi quâils seront plus performants !
Principe n°6 : La mĂ©thode la plus simple et la plus efficace pour transmettre de lâinformation Ă l’Ă©quipe de dĂ©veloppement et Ă lâintĂ©rieur de celle-ci est le dialogue en face Ă face.
La communication Ă©crite est utile lorsquâon communique de façon « asynchrone » ou lorsquâil y a un grand nombre de parties prenantes. Elle est souvent utilisĂ©e dans les projets prĂ©dictifs pour tracer les informations significatives. Mais elle peut Ă©galement ĂȘtre trĂšs utile pour les projets agiles (cf. la premiĂšre partie du prĂ©sent article sur les 4 valeurs du manifeste agile). Toutefois la communication Ă©crite nĂ©cessite souvent lâemploi de ressources dĂ©diĂ©es et peut perdre en immĂ©diatetĂ©. Câest la raison pour laquelle la communication orale en face-Ă -face (synchrone) est Ă privilĂ©gier pour les projets en approche « agile ». La communication orale est plus rapide et plus persuasive que la communication Ă©crite. Par exemple, on rĂ©sout beaucoup plus facilement les conflits en face-Ă -face que par Ă©crit (non, non les conflits ne se rĂ©solvent pas par mail ou notes audio ! :)) Â
Principe n°7 : Un logiciel opĂ©rationnel est la principale mesure dâavancement.
Imaginez lâapplication « WhatsApp », il y a 10 ans elle nâĂ©tait pas du tout la mĂȘme que celle dâaujourdâhui. Elle sâest enrichie au fur et Ă mesure du temps Ă la maniĂšre dâun « millefeuille ». Elle sâest Ă©toffĂ©e avec la technique des MVP (Minimum Viable Product). Â
Qu’est-ce qu’un MVP (Minimum Viable Product) ?
đExercice [4] :
- Temps 1 : Prenez une feuille et un stylo et notez de façon verticale toutes les tĂąches que vous avez faites ce matin entre le moment oĂč vous vous ĂȘtes rĂ©veillĂ©s (Ă©teindre votre rĂ©veil, se brosser les dents, etc.) et le moment oĂč vous ĂȘtes sortis de chez vous. Listez les 10 premiĂšres tĂąches. Câest bon ? Vous avez fait lâexercice ?
- Temps 2 : Maintenant je vais vous demander dâimaginer que vous vous ĂȘtes rĂ©veillĂ©s trĂšs en retard. Vous ne devez donc conserver que les tĂąches « essentielles ».
- Temps 3 : Eh bien ça y est, vous venez de trouver votre MVP matinal ! đ
âïž Dans une approche prĂ©dictive, on va lister toutes les tĂąches Ă rĂ©aliser, et on va ensuite communiquer sur le pourcentage dâavancement par rapport Ă ces tĂąches et par rapport au produit final. Ainsi 2 tĂąches achevĂ©es sur 10 par rapport un produit quelconque nous renseigneront sur son pourcentage dâavancement. Dans cet exemple on dirait que le projet a progressĂ© de 20 %. Dans une approche agile, on va raisonner en MVP. Câest-Ă -dire Ă ce quâon va pouvoir mettre tout de suite sur le marchĂ©. Il sâagit de comptabiliser les livrables dĂ©jà « acceptĂ©s » par nos clients et mis sur le marchĂ© (et non pas comptabiliser les tĂąches terminĂ©es Ă lâintĂ©rieur de ces livrables). Et ce sont ces MVP qui serviront de mesure dâavancement. Â
Principe n°8 : Les processus Agiles encouragent un rythme de dĂ©veloppement soutenable. Ensemble, les commanditaires, les dĂ©veloppeurs et les utilisateurs devraient ĂȘtre capables de maintenir indĂ©finiment un rythme constant.
Si je devais parier, je dirais que ce principe succĂšde aux excĂšs des premiĂšres approches agiles qui imposaient un rythme important aux Ă©quipes de travail sur des dĂ©lais trĂšs courts (certaines approches Ă©taient basĂ©es sur la « rapidité » de dĂ©veloppement). Ce qui a conduit Ă plusieurs dĂ©missions, tensions et burnout, etc. Â
Parfois vous entendrez aussi parler « dâinterlude » agile. Cet interlude consiste Ă proposer aux Ă©quipes, une semaine de repos entre 2 releases [5]. Si on lit le manifeste agile au pied de la lettre (« by-the-book » comme disent certains), cet interlude ne devrait pas exister. En tout cas, il ne devrait pas exister pour ce motif de « repos » puisque les personnes dĂ©signĂ©es ici doivent ĂȘtre capables de maintenir indĂ©finiment ce rythme. Ce qui va sans dire va encore mieux en le disant : « Il est inutile dâĂ©puiser les collaborateurs en leur imposant un rythme frĂ©nĂ©tique !».
Principe n°9 : Une attention continue Ă l’excellence technique et Ă une bonne conception renforce lâAgilitĂ©.
A la fin des annĂ©es 1980, la mĂ©thode RAD (Rapid Application Development) sâest fait connaĂźtre car elle Ă©tait axĂ©e sur le dĂ©veloppement rapide. Mais la prĂ©cipitation a parfois pris le pas sur la vitesse et entraĂźnĂ© des problĂ©matiques de qualitĂ©. Les dĂ©lais resserrĂ©s ont conduit comme nous lâavons vu prĂ©cĂ©demment Ă des pĂ©riodes de stress mais Ă©galement Ă des erreurs et Ă des bugs qui pouvaient se propager lors des versions ultĂ©rieures des logiciels. Or dans les projets IT, il nâest jamais bon de laisser traĂźner les bugs. Il faut donc veiller Ă travailler dans des dĂ©lais raisonnables pour garder un temps de « toilettage » du code informatique. On appelle cet usage, le « refactoring » (rĂ©usinage de code).
Principe n°10 : La simplicitĂ© â câest-Ă -dire lâart de minimiser la quantitĂ© de travail inutile â est essentielle.
Simple : Albert Einstein disait quâil avait mis 30 ans Ă comprendre ce que voulait dire ce terme ! En effet, trouver une rĂ©ponse « simple » ne signifie pas « simpliste » !
Pour vous aider Ă comprendre ce principe, la loi 20/80 (loi de Pareto) vous sera probablement trĂšs utile. Face Ă un problĂšme, elle vous invitera Ă vous concentrer sur leurs causes essentielles. Exemple : 20 % de vos e-mails de la journĂ©e dâhier, recouvrent environ 80 % des sujets Ă traiter. 20 % des causes dâinsatisfactions clients, recouvrent environ 80 % des sujets les plus irritants pour les clients, etc.
Autre exemple : Savez-vous que les utilisateurs dâExcel nâutilisent que 5 % des fonctionnalitĂ©s quâoffre ce logiciel ? Eh bien, en appliquant ce principe on aurait probablement Ă©liminĂ© 95 % des fonctionnalitĂ©s inutiles ou plutĂŽt inutilisĂ©es dâExcel. On en revient au fameux MVP dont on parlait prĂ©cĂ©demment.
Principe n°11 : Les meilleures architectures, spĂ©cifications et conceptions Ă©mergent d’Ă©quipes auto-organisĂ©es.
Vous lâaurez devinĂ©, le mot-clĂ© le plus important ici est le mot-clĂ© auto-organisĂ©e. Vous savez dans le domaine du sport ce ne sont pas les Ă©quipes qui ont les meilleurs joueurs individuels au monde qui gagnent (le PSG en est un illustre exemple !), mais ce sont les Ă©quipes qui ont la meilleure « auto-organisation ». Lorsque les joueurs ont lâhabitude de travailler ensemble, ils sont tout simplement meilleurs ! Cela ne sert Ă rien de mettre les meilleurs joueurs individuels sur le terrain, sâils ne savent pas jouer ensemble, ils ne gagneront pas. Câest aussi simple que ça !
Principe n°12 : Ă intervalles rĂ©guliers, l’Ă©quipe rĂ©flĂ©chit aux moyens de devenir plus efficace, puis rĂšgle et modifie son comportement en consĂ©quence.
Ce douziĂšme principe est probablement inspirĂ© du « lean management », il consiste Ă se dire quâon peut toujours mieux faire. Je trouve que ce dernier principe est lâun des plus beaux puisse exister. Sâefforcer dâĂȘtre les meilleurs en se remettant rĂ©guliĂšrement question : voilĂ un principe qui a de la gueule ! đ Dans la pratique ce principe sâapplique lors des rĂ©unions appelĂ©es « rĂ©trospectives ». La rĂ©ussite « rĂ©trospectives » dĂ©pend essentiellement des personnalitĂ©s des collaborateurs car il nĂ©cessite du discernement et de lâhumilitĂ© pour identifier les meilleures actions Ă mettre en place.Â
Conclusion
Pour parler de gestion de projet « agile », on prend souvent en exemple, lâanecdote du systĂšme dâinformation de lâagence suĂ©doise des brevets : « Bolide » (Bolid ?) initiĂ© en 2002 qui a perdu des millions de dollars en raison de son approche traditionnelle de gestion de projet. Cette approche traditionnelle, appelĂ©e « prĂ©dictive » [3] aurait coĂ»tĂ© la bagatelle de 35 millions de dollars pour ce systĂšme informatique de gestion des propriĂ©tĂ©s intellectuelles. De la mĂȘme façon, les adeptes de la gestion de projet traditionnelle rĂ©torquent aux adeptes des mĂ©thodes agiles quâil existe de nombreux projets qui ont Ă©chouĂ© avec les approches agiles : le projet healthcare.gov (2013), le projet canadien dâĂ©dition des bulletins de paie « Phoenix » (2016), le projet dâapplication mobile de la ville de New York (2019), etc. En rĂ©alitĂ©, et comme vous lâavez compris je l’espĂšre avec le modĂšle de STACEY, il y a des typologies de projets qui sont faits pour ĂȘtre gĂ©rĂ©s de façon « prĂ©dictive » et dâautres qui sont faits pour ĂȘtre gĂ©rĂ©s de façon « agile ». De la mĂȘme façon quâil y a des personnes faites pour lâĂ©tat dâesprit « prĂ©dictif » et des personnes faites pour lâĂ©tat dâesprit « agile ». AprĂšs tout, lâagilitĂ© nâest-elle pas dâabord et avant tout une affaire dâindividus et dâinteractions ? Â
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Sources et références :
[1] Les 17 spécialistes qui ont créé le manifeste agile sont : Kent Beck // Mike Beedle // Arie van Bennekum // Alistair Cockburn // Ward Cunningham // Martin Fowler // James Grenning // Jim Highsmith // Andrew Hunt // Ron Jeffries // Jon Kern // Brian Marick // Robert C. Martin // Steve Mellor // Ken Schwaber // Jeff Sutherland // Dave Thomas.
[2] TraitĂ© de la rĂ©forme de l’entendement. Paragraphe n°30 et n°31. Baruch Spinoza. Â
[3] Pour rappel, lâapproche prĂ©dictive vient du verbe « prĂ©dire » car dans lâapproche prĂ©dictive on « prĂ©dit » tout ce que lâon doit faire Ă lâavance avant de lâexĂ©cuter. Exemple : la construction dâune maison. Certains traduisent lâapproche prĂ©dictive par « cycle en V » ou « Waterfall » (en cascade) mais ce sont des abus de langage car ces mĂ©thodes sont spĂ©cifiques au monde informatique. Par exemple, on ne les emploie pas dans les secteurs de la construction ou pharmaceutiques.  Â
[4] Exercice librement inspiré du livre de Jeff Patton : user story mapping.
[5] Qu’est-ce qu’une release ? Une release câest une version dâun produit (ou dâun logiciel). Par exemple, lorsque vous utilisez votre smartphone, il y a des mises Ă jour Ă faire qui portent sur des versions. Eh bien lorsquâon rĂ©flĂ©chit aux produits que lâon va sortir, on va non seulement rĂ©flĂ©chir Ă ses MVP (et comment ceux-ci vont ĂȘtre Ă©toffĂ©s dans le temps), mais on va Ă©galement rĂ©flĂ©chir Ă ses releases. Câest dâailleurs ce quâon appelle un « plan de release ». Bien quâil nây ait pas de normes officielles sur les durĂ©es des releases, on va prĂ©voir une release toutes les 10 semaines environ.Â
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Je souhaite avoir lâarticle afin de mâen imprĂ©gner en toute guise.
Merci infiniment pour tous que vous faite Monsieur Tarik Cherkaoui.
Excellent article ! Merci beaucoup pour ce gĂ©nĂ©reux partage Tarik đ
Si je peux me permettre de poser ces questions :
1- Si on avise le chef de projet dâune nouvelle rĂ©glementation quâil faut absolument considĂ©rer. Quelle serait la 1ere chose Ă faire ? Aussi, Doit-il revoir les sprints dĂ©jĂ terminĂ©s ou considĂ©rer cette nouvelle rĂ©glementation pour la suite des sprints?
2- Un fournisseur avertit le chef de projet de la non disponibilitĂ© dâune piĂšce importante pour le projet (phase de dĂ©ploiement)
Est ce que le chef de projet peut demander au fournisseur de remplacer rapidement cette piĂšce par une autre qui respecte les mĂȘmes exigences? Ou doit passer par la rĂ©vision du contrat et aborder la question avec un expert pour demander conseils?
3-MalgrĂ© les discussions passĂ©es, l’Ă©quipe agile continue de vivre des tensions. Face Ă cette situation, quelles sont les options de leadership que le chef de projet pourrait adopter pour rĂ©soudre le conflit? Doit-il réévaluer la situation et rechercher de nouvelles solutions en collaboration avec l’Ă©quipe ou doit-il adopter un leadership situationnel et trancher par lui-mĂȘme? Ou bien faudrait-il reconsidĂ©rer la charte d’Ă©quipe, bien que cela ait dĂ©jĂ Ă©tĂ© fait auparavant
Un grand merci Ă toi Ikram pour tes encouragements et si tu as d’autres questions, n’hĂ©site pas !! đ
Je pense que ces questions font rĂ©fĂ©rence Ă un simulateur de questions PMPÂź. Je n’ai pas les questions sous les yeux mais Ă priori voici ce que je rĂ©pondrai :
1- Si on est en approche « agile », on devra considĂ©rer cette nouvelle rĂ©glementation pour la suite des sprints car en « agile » un produit est toujours en amĂ©lioration continue (ce qui veut dire qu’il n’y a pas de processus de clĂŽture du projet ou de la phase comme en approche prĂ©dictive).
L’idĂ©e en agile, c’est de livrer Ă chaque sprint de la « valeur » immĂ©diatement utilisable. Exemple : l’application LinkedIn au dĂ©part n’Ă©tait qu’une application mobile qui proposait son CV en en ligne. Puis l’application s’est Ă©toffĂ©e au fut et Ă mesure des sprints (en proposant un onglet ‘offres d’emploi’, puis ‘learning’, puis ‘actualitĂ©s’, etc.). Ce qu’il faut c’est imaginer des incrĂ©ments (c’est Ă dire des livrables) qui soient toujours (Ă chaque sprint) « utiles » donc « utilisables ». S’il y a des choses nouvelles on les reconsidĂ©rera dans le backlog pour les sprints futurs.
2- Nous nous sommes « expert de rien » si ce n’est du « cadre de travail » (donc nous ne pouvons pas prendre la place d’un directeur achat ou d’un directeur juridique). Il y a plusieurs mĂ©taphores pour dĂ©crire ce rĂŽle, je te laisse choisir celui qui te parle le plus đ Tu as l’image du chef d’orchestre qui est la plus connue, il ne joue d’aucun instrument de musique mais il a l’oreille musicale ! đ Par ailleurs, dans l’exemple que tu prends, si le fournisseur n’a pas correctement exĂ©cutĂ© son contrat, il devra trĂšs probablement ‘payer des dĂ©dommagements’ du fait de cette inexĂ©cution de contrat. C’est donc vers l’option n°2 que je m’acheminerait (passer par la rĂ©vision du contrat et aborder la question avec un expert pour demander conseils).
3- La charte dâĂ©quipe n’est pas un document figĂ©, tu peux la changer autant de fois que nĂ©cessaire mais ce n’est pas toi qui va la rĂ©diger tout seule dans ton coin. Tu vas demander aux collaborateurs de la « co-construire » avec toi en car en environnement ‘agile’, le leadership est partagĂ© (et non pas centralisĂ© comme on le fait souvent en approche prĂ©dictive). Je choisirais donc ta premiĂšre option ici (réévaluer la situation et rechercher de nouvelles solutions en collaboration avec lâĂ©quipe).
VoilĂ , voilĂ Ikram, I hope it helps ! đ
Bien Ă toi,
Tarik
PS : Et si tu as d’autres questions, n’hĂ©site pas !!
Quel article complet ! Je me souviens d’une organisation dont j’ai fait partie et oĂč les gens avaient tendance Ă s’Ă©puiser… Puis les choses ont changĂ© et on a remarquĂ© qu’on avait « priorisĂ© les tĂąches au lieu des gens » ! Poser un regard diffĂ©rent sur les structures et processus est important. Et j’ai bien ce terme d’agilitĂ© đ
Je suis ravi de voir que mon article t’ai plu Aline et rappelĂ© des souvenirs.
C’est sĂ»r que prioriser les tĂąches avant les gens, c’est comme mettre la charrue avant les bĆufs : c’est une perte de temps ! Cela dit, pas sĂ»r que les bĆufs pourraient ĂȘtre un excellent choix pour travailler de façon agile. đ »
Merci beaucoup pour ton commentaire ! Si tu as la moindre question, n’hĂ©site pas !!