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L'intelligence émotionnelle au travail
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Devenir un meilleur chef de projet grâce à l’intelligence émotionnelle : les clés pour y parvenir

Devenir un meilleur chef de projet. Voilà votre but en tant que futur chef de projet PMP®. Alors, quels éléments mettre en place pour y parvenir ? Le sujet de cet article a tendance à interloquer, votre profession étant souvent associée aux capacités intellectuelles exigeantes qu’elle requiert. Pourtant, il s’avère que devenir un meilleur manager de projet ne dépend pas uniquement de votre intelligence cognitive, ni de votre QI. En effet, cela tient aussi à une forme dintelligence bien souvent négligée, car trop souvent ignorée : lintelligence émotionnelle. C’est d’ailleurs devenu un des nouveaux cheval de bataille du PMI® (l’institut du Management de Projet) [1].    

En effet, selon les travaux [2] du psychologue Daniel Goleman (et plusieurs autres études qui ont suivies sur le sujet [3]), les personnes ayant une bonne lecture de leurs émotions ont plus de succès professionnels et personnels que les autres. Le fait de vous intéresser au sujet phare du psychologue Daniel Goleman montre que vous êtes déjà sur la bonne voie pour être un meilleur chef de projet grâce à lintelligence émotionnelle. Vous commencez à songer au fait que prendre en compte les émotions dans le milieu professionnel n’a rien d’irrationnel. Car oui, lorsque vous interagissez avec vos pairs, que vous affectionnez ou non par ailleurs, vous ressentez des émotions. C’est aussi le cas lorsque vous rencontrez des difficultés au travail, et que vous devez faire face à des délais agressifs, à des clients difficiles ou encore à des injonctions paradoxales. Le concept d’intelligence émotionnel vous aidera à mieux prendre conscience de vos émotions et de celles des autres pour mieux agir face aux vicissitudes de la vie.   

 

Comprendre ce qu’est l’intelligence émotionnelle pour apprendre à gérer ses émotions

Avant de mettre en place l’intelligence émotionnelle au travail, et d’en tirer des bienfaits, encore faut-il avoir en tête une définition de cette forme d’intelligence. On peut définir l’intelligence émotionnelle comme la capacité à identifier des émotions chez soi, chez autrui, puis à prendre du recul afin de les comprendre, et avant d’agir en conséquence. L’intelligence émotionnelle est une faculté qui se travaille pour réussir à mettre en place un véritable cercle vertueux à l’intérieur de soi, et dans son rapport aux autres. 

Voici un exemple de situation a priori anodine dans votre quotidien de chef de projet, et qui mérite bien souvent d’être appréhendée à travers le prisme de l’intelligence émotionnelle. Un collaborateur vous téléphone pour vous proposer une stratégie d’implication des parties prenantes de votre projet, il veut que vous leur offriez des places pour le célèbre tournoi de tennis Roland Garros. Il y a mûrement réfléchi, convaincu qu’elle fera avancer la situation. Il vous expose son plan. Et là, ça coince : il est à côté de la plaque ! Son idée est totalement farfelue, car non seulement elle ne respecte pas le référentiel de la norme anti-corruption ISO 37001, mais en plus son petit air satisfait vous agace très fortement. Vous lui répondez d’un ton sec : Et puis quoi encore ? Tu veux pas qu’on leur donne cent balles et un Mars aussi ?? (Et vous lui raccrochez au nez).       

daniel goleman  

« Les capacités émotionnelles se sont avérées quatre fois plus importantes que le QI pour expliquer réussite professionnelle et prestige, même pour des scientifiques. »

Extrait du livre : L’intelligence émotionnelle

Daniel Goleman, 1995.

Vos responsabilités de chef de projet vous ont surmenées et par conséquent, vous n’étiez pas en capacité de vous mettre à sa place pour comprendre son cheminement de pensée. Ni pour appréhender le fait que votre refus sec, ou pire, teinté de jugement, va anéantir son moral pour la journée. Car oui, les émotions, c’est viral ! Et la contamination peut être positive comme négative. Il n’y a pas que le rire qui est communicatif.

Dans cette situation, vous n’avez pas réussi à faire preuve :

    • De conscience de soi ;
    • De maîtrise de soi (autogestion) ;
    • De motivation (optimisme) ;
    • D’empathie (conscience sociale) ;
    • De compétence sociale.

Or, ce sont précisément les 5 piliers de l’intelligence émotionnelle. D’ailleurs, nous avons vu dans un article précédent consacré à la profession de chef de projet que ces qualités sont indispensables.

 

Utiliser lintelligence émotionnelle en tant que chef de projet pour mieux comprendre ses équipes

Ce qui cloche dans cet exemple, ce n’est pas ce collaborateur et sa proposition inopportune. C’est bien plutôt votre réaction de chef de projet qui a du mal à gérer ses collaborateurs, alors même que c’est son rôle. Alors, le moment est venu de la fameuse introspection que l’on boude tous à un moment donné, alors même qu’elle nous ferait le plus grand bien. Vous l’avez envoyé sur les roses. Ce qui est fait est fait. Au lieu de vous mordre les doigts, prêtez-vous à un petit exercice et posez-vous ces questions :

  • La dernière fois que vous étiez en colère, lorsque votre collègue est venu vous solliciter, dans quel état émotionnel étiez-vous ? Aviez-vous conscience de vos propres émotions à cet instant ? Aviez-vous accueilli vos émotions pour, ensuite seulement, pouvoir accueillir celles des autres ?
  • Si vous aviez été conscient de vous-même, auriez-vous pu faire preuve de maîtrise de vous ?
  • Cette maîtrise de soi vous aurait-elle permis d’être de meilleure humeur pour répondre à ce (pauvre) collaborateur ?
  • Mieux encore, d’être empathique ? C’est précisément cette qualité qui vous a fait défaut ici. Et pour cause, vous ne pouvez pas la manifester sans réunir tous les éléments précédents.
  • Enfin, nouvelle question rhétorique dont vous connaissez déjà la réponse : auriez-vous été plus à même de motiver ce collègue ? Par exemple, en le remerciant sincèrement pour son idée intéressante, mais que vous garderez pour un autre sujet plus adapté.

Tout commence par un travail interne, une prise de conscience de soi-même, une analyse. Il est crucial de véritablement « accueillir » ses propres émotions, car elles teintent toutes nos décisions et nos réactions. Certains refusent d’entendre parler d’émotions. Après tout, nous sommes au travail, alors, « un peu de sérieux svp ! » A priori, ce n’est pas votre cas, et c’est ce qui va vous permettre d’être un meilleur chef de projet grâce à l’intelligence émotionnelle. Il va de soi désormais que l’on peut avoir de meilleures relations au travail grâce à l’intelligence émotionnelle. Loin de passer pour un imbécile heureux, vous attirez à votre tour l’empathie de vos collaborateurs. Le cercle vicieux que permet l’intelligence émotionnelle est déjà en train de se mettre en place, et vous aurez au fur et à mesure de meilleures relations interpersonnelles. Vous l’aurez compris, pour pouvoir bien gérer un projet, encore faut-il bien se gérer soi.

Développer son intelligence émotionnelle en 4 ou 5 étapes ?

Veuillez noter que le PMBOK® 7th [1], propose 4 domaines principaux pour parler d’intelligence émotionnelle (conscience de soi, autogestion, conscience sociale, compétence sociale), mais à l’origine du modèle, on comptait 5 aptitudes clés. Je vous propose de reprendre ici les 5 aptitudes originelles. 

Reprenons donc ces 5 fondements de l’intelligence émotionnelle. Prêtez-vous sérieusement à ces exercices, qui vous permettront sur le long terme, de gérer des crises, et de prendre des décisions sans vous laisser emporter par vos émotions. D’être un bon chef de projet, en somme. 

Attitude n°1 à adopter pour une meilleure IE : conscience de soi

Un humoriste anglais disait que la meilleur façon de maigrir était de manger nu devant un miroir ! Pourquoi ? Parce que lorsqu’on se regarde dans un miroir, on prend conscience de soi tout simplement. Et cette prise de conscience nous aide à diminuer nos propres contradictions (dissonances cognitives). Autre exemple : si nous roulons à 70km/h en voiture alors que la limitation de vitesse est de 50 km/h, nous aurons tendance à baisser notre vitesse à la simple vue d’un radar routier pédagogique. Pourquoi ? Parce que le radar pédagogique (qui affiche la vitesse à laquelle nous roulons en temps réel) nous permet de prendre conscience de nous-même.   

Apprendre à contempler ses émotions pour les « comprendre », au sens même de les regarder dans leur entièreté. Cela implique de prendre du recul, comme pour se regarder de l’extérieur. Comment faire ? Voici un exercice très facile à faire. Lorsque vous êtes en colère, marquez un temps de pause de 2 secondes maximum (et pas une seconde de plus !), pour sentir l’air pénétrer dans vos narines. Ce petit instant est tout simplement « magique » car cet exercice va vous obliger à prendre conscience de votre corps, et donc, de vous-même.

Attitude n°2 à adopter pour une meilleure IE : travailler l’autogestion

Cette seconde étape est conditionnée par la précédente. Vous avez contemplé les émotions qui se déchaînent en vous. Vous en êtes conscient. Votre défi est de vous demander quelle est la réponse la plus adaptée. Loin de la « réaction » automatique, vous réfléchissez à vos actions. Vous dialoguez avec vous-même pour éviter d’être en « réaction » à vos émotions. C’est toute la différence qu’il y a entre casser la vaisselle par terre (ou raccrocher au nez de quelqu’un) quand on est en colère et verbaliser cette colère en faisant preuve de « self-control » et de sang-froid quand on est en colère ! Attention toutefois à ne pas confondre la maîtrise de soi avec le fait de s’imposer une passivité excessive. Il ne s’agit pas de refouler ses émotions, au risque d’exploser lorsque la goutte de trop fera déborder le vase. Ne pas perdre son calme est indispensable pour avoir une approche équilibrée, mais cela ne signifie pas qu’il ne faut pas agir. 

Attitude n°3 à adopter pour une meilleure IE : être optimiste (motivation)

Ne pas se laisser abattre. En tant que chef de projet, vous ne pouvez pas quitter le navire. Alors, maintenant que vous avez accueilli vos émotions, pris du recul, et maîtrisé votre réponse, vient le moment de voir le verre à moitié plein afin de trouver une solution pour vous remotiver. Et lorsque vous doutez, ne vous projetez pas dans le négatif. On a souvent tendance à envisager le pire, à tort ! Être optimiste, c’est savoir tirer des « leçons positives » de chaque épreuve de la vie même en cas de « coups durs ». En somme, c’est être capable de se dire (en pleine conscience de soi) que les choses vont forcément finir par s’arranger.

Attitude n°4 à adopter pour une meilleure IE : être empathique (conscience sociale)

Avoir une bonne conscience sociale, c’est s’avoir écouter activement et être empathique. Être empathique signifie « être dedans » (de l’allemand Einfühlung), c’est-à-dire être en capacité de comprendre et de partager le point de vue de l’autre. C’est un processus de simulation mental, dans lequel on se projette pour aller de soi vers autrui. Cet exercice est loin d’être facile, même s’il est favorisé par certaines neurones de notre cerveau qu’on appelle « neurones miroirs ». Par exemple : lorsque nous regardons certaines actualités anxiogènes, ce sont ces neurones qui s’activent à la vue du « sang ». Cet exercice est difficile, car il implique de se décentrer un instant de soi-même, pour écouter l’univers affectif et mental de son interlocuteur. Cela suppose une certaine disponibilité d’esprit et une certaine une certaine motivation à aller vers l’autre, comme dans le film de Clint Eastwood « Gran Torino » qui nous démontre cette faculté d’empathie via un nivellement par étape. Les Danois l’ont parfaitement compris. La preuve, depuis 1993, ils enseignent à l’école l’empathie aux enfants. C’est une matière obligatoire pour les jeunes Danois de 6 à 16 ans.

Attitude n°5 à adopter pour une meilleure IE : travailler ses compétences sociales

Cette dernière étape est d’autant plus importante pour vous, chef de projet qui avez une équipe à mener ! La compétence sociale, c’est la capacité à motiver les autres et à gérer leurs attitudes. Il existe 1001 façons de motiver les autres. Un des moyens les plus primitifs que nous avons pour cela est de travailler sur une émotion bien connue : « la joie ». En effet, certains disent que le bonheur est contagieux. En réalité, c’est la joie qui est contagieuse ! La joie servait aux femmes et aux hommes de la préhistoire pour s’intégrer facilement dans un groupe. En somme, lorsque vous arrivez à changer positivement l’humeur des autres, vous faites preuve d’une grande compétence sociale.

Conclusion

Je finirai par insister sur le fait que l’intelligence émotionnelle est une intelligence flexible et élastique qui se travaille. On ne révolutionne pas son état d’esprit du jour au lendemain. En revanche, on peut le renforcer chaque jour afin d’être un meilleur chef de projet grâce à l’intelligence émotionnelle. Alliée à l’intelligence cognitive, vos capacités à résoudre des problèmes seront décuplées ! Je vous ai donné quelques pistes. Bien sûr, il n’existe pas de recette magique, car chaque individu et chaque projet est unique. Toutefois, à force de pratique, vous verrez qu’il y a une infinité d’avantages à développer son intelligence émotionnelle. Alors qu’auparavant, un défi aurait entraîné une sorte de chaos indomptable dans votre tête, et vous aurait poussé à réagir sous la pression, armé de davantage d’intelligence émotionnelle, vous pourrez résoudre des problèmes plus facilement. 

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Sources et références :

[1] Cf. Guide PMBOK® 7th, Section 2 : domaine de performance de l’équipe, section 2.2.4.4 : Compétences interpersonnelles.

[2] L’intelligence émotionnelle : Daniel Goleman ; 1995

[3] Hunter et Hunter, 1984 ; Sternburg, 1996, Snarey et Vaillant, 1985

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