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PMBOK

Introduction :

Si vous tapez sur Google : « télécharger PMBOK en PDF », vous allez obtenir un score de près de 165 000 résultats (0,48 secondes). Si vous ajoutez le mot clé « gratuit », les résultats seront encore plus importants. Procéder de cette façon pour obtenir le PMBOK pose néanmoins de sérieux problèmes : non seulement, cela est strictement illégal, mais surtout, vous ne serez jamais sûr d’avoir la bonne mise à jour du PMBOK®. Et je ne parle pas du fait que bien souvent, ces PMBOK® sont vérolés ou incomplets. Vous connaissez le dicton : il n’y a aucun produit gratuit sur internet. Et si vous téléchargez un produit gratuitement, cela signifie que le produit, c’est vous ! 🙂 Bien sûr, je ne parle pas des fiches pratiques ou encore, des synthèses de révision qui ont le mérite de faciliter la vie des apprenants. Je parle bien du guide « PMBOK® » : Project Management Body of Knowledge. Dans le présent article, je vais non seulement prendre le temps de vous expliquer ce qu’est le PMBOK®, son corpus de connaissances et son histoire. Mais je vais aussi vous expliquer comment vous le procurer facilement à moindre coût et en version française.

Définition :

 

Le PMBOK® est un corpus de connaissances en management de projet rédigé depuis 1996 par les membres de la communauté du PMI® pour répondre aux besoins et attentes des parties prenantes d’un projet, voire de les surpasser [1]. Le PMBOK® a beaucoup évolué depuis sa création, mais son intention première est restée intacte : proposer un recueil de bonnes pratiques à partir de principes, d’outils et de techniques adaptées aux contextes des chefs de projet. Contrairement à d’autres référentiels, cet ouvrage n’a cessé d’évoluer depuis sa création pour permettre aux chefs de projet de se professionnaliser. C’est d’ailleurs l’un des enjeux majeurs du PMI® depuis sa création en 1969 (cf. l’histoire du PMI® et de la certification PMP®) : faire reconnaître le management de projet à la fois comme discipline et comme fonction à part entière.     

 

PMBOK® : Différencier le standard du corpus des connaissances

 

Pour comprendre l’utilité du PMBOK®, sa finalité et ses principes, il convient de faire une petite distinction entre quelques notions importantes.   

Imaginez la scène suivante :

Vous : (vous entrez dans un supermarché pour acheter de la compote de pommes et vous arrivez en caisse) Bonjour Monsieur.  

Le caissier : Bonjour Monsieur, ce sera tout ?

Vous : Oui. (et vous tendez le bras pour faire passer votre compote de pommes

Le caissier : (le caissier passe votre produit devant son code-barres) Ça vous fera un total de 4,50€ svp, vous réglerez comment ?

Vous : Par carte bancaire svp.   

Le caissier : Très bien. Mais attendez, votre carte bancaire n’est pas la bonne.

Vous : Ah oui ? Comment ça ?!?

Le caissier : Bah, je ne peux accepter que les cartes bancaires des compotes de pommes. 

Vous : Comment ça ? Non mais vous rigolez ou quoi ?

Le caissier : Oui, c’est un peu la course à l’échalotte en ce moment entre les banques, nous avons des cartes bancaires qui ne fonctionnent que sur certains types de produits et sur certains terminaux de paiement et pas sur d’autres.

Vous : Comment ça ? Vous voulez dire que si j’achète 50 articles différents dans votre magasin, je vais devoir utiliser 50 cartes bancaires différentes, c’est bien ça ???

Le caissier : Malheureusement oui, c’est bien ça. Les banques ne se sont pas mises d’accord entre elles.

 

Comme vous le voyez, la libre concurrence comporte certaines limites et notre vie de consommateur serait rapidement un enfer si les acteurs des différents marchés ne se mettaient pas d’accord sur les standards à utiliser pour nous proposer leur produits/services. L’exemple topique de ce manque d’accord est l’exemple de la marque « SONY » contre « JVC ». Il y avait à l’époque une concurrence farouche entre les deux entreprises. Techniquement, Sony commercialisait des cassettes vidéo (Betamax) avec un meilleur rendu visuel que leur concurrent (VHS). Mais JVC fut plus enclin à partager son format VHS avec d’autres acteurs que son concurrent SONY. Résultat des courses, quatre autres sociétés japonaises commercialisaient la technologie VHS. Ce format fut alors rapidement adopté par les ménages, ce qui enterra rapidement le format « Betamax ». Plus tard, Sony retiendra la leçon avec l’apparition du DVD. Elle entra en collaboration avec huit de ses concurrents pour proposer un format commun à tous : le DVD.   

La standardisation est la face cachée de l’iceberg et pourtant, comme vous le voyez, il y a des enjeux stratégiques commerciaux importants. Dans le monde du projet, l’approche est similaire. Toutefois, la standardisation n’est pas tout à fait la même : on parle de normes de système de management ou encore de normes d’organisation [2]. Elles décrivent surtout des démarches d’assurance qualité ou des démarches organisationnelles sous la forme de lignes directrices [3]. Alors qu’avec les cassettes « Betamax », il s’agissait d’un standard plus contraignant, « exigeant » un certain nombre de sigles, de conventions et de seuils de performance, etc.

Dans le monde du projet, on est régulièrement confronté à différents arbitrages, notamment en matière de vitesse d’exécution, d’exigences clients, de changements, de coûts, etc. D’un projet à un autre, la tactique employée ne sera pas du tout la même : dans le domaine du nucléaire ou de l’aéronautique par exemple, on n’aura pas du tout la même appétence aux risques que dans une start-up. On ne prendra pas du tout les mêmes types de décision d’un projet à un autre, même si les risques disposent de la même probabilité de surgir. Par exemple : Imaginons que vous ayez identifié la probabilité de 90% qu’un fournisseur Z n’honore pas son contrat pour une raison X ou Y. La tactique que vous allez employer pour répondre à ce risque ne sera pas du tout la même selon que vous soyez dans le domaine du nucléaire, du médical ou de l’IT.    

De la même façon, lorsqu’on travaille dans le domaine de l’IT, tout va très vite. Les acteurs des projets doivent veiller à proposer des produits en lien avec la transformation constante des modes de consommation. Pour ces raisons (non exhaustives bien sûr), le PMI® a décidé en 2004 de standardiser certaines approches de développement en matière de gestion de projet (cf. paragraphe suivant) pour que les chefs de projet puissent appréhender les différents évènements de la vie d’un projet de façon analogue. On pourrait traduire cette standardisation par « le minimum que l’on doive faire dans une situation donnée ». Ex : On ne peut pas lancer un projet sans en avoir évalué la valeur (ses bénéfices tangibles, intangibles), on ne démarre pas un projet sans en avoir eu l’autorisation (via notamment une charte de projet), etc.

D’un autre côté, le PMBOK® comporte aussi un guide des corpus des connaissances en management de projet. Cette partie du guide pourrait se comparer à un « vieux sage » qui apporterait les meilleurs conseils pour faire face à diverses situations. Il ne s’agit pas de normes sur des systèmes de management ni de méthodes figées, mais plutôt de recommandations, de conseils, de bonnes pratiques s’appuyant sur des millions d’heures de pratique en matière de gestion de projet et des centaines de milliers de chefs de projet répartis à travers le monde depuis 1969.

Timeline PMBOK

Le PMBOK exploré : son histoire 

PMBOK® – 1ère édition – 1996 : C’est la naissance de la toute première édition du PMBOK®. Celui-ci a été créé après plusieurs années de recherche et d’expérimentation. Cette édition comptait 9 domaines de connaissances et 37 processus.

PMBOK® – 2ème édition – 2000 : La mise à jour de 2000 mettait en avant les progrès constatés en matière de gestion de projet grâce à la première version du PMBOK®. Elle comptait 9 domaines de connaissances et 39 processus.

PMBOK® – 3ème édition – 2004 : La 3ème édition est une étape importante dans l’histoire du PMBOK® car pour la première fois, les spécialistes du management de projet se sont mis d’accord pour créer un standard international. Celui-ci est reconnu par l’ANSI (American National Standards Institute), organisme de normalisation (l’équivalent de l’AFNOR en France). Le PMBOK® est alors constitué de deux parties importantes : le standard, pour le management de projet, et le guide du corpus des connaissances (cf. paragraphe précédent). On y trouvait 44 Processus et 592 ITTO (Inputs, Tools and Techniques & Outputs. En Français : données d’entrée, outils et techniques & données de sortie).

PMBOK® – 4ème édition – 2008 : après plusieurs négociations, le PMI® s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas « totalement » faire abstraction de l’ADN des entreprises, ni de leur culture ou environnement. On doit composer avec les contraintes internes/externes des organisations. Ex : Les logiciels de l’entreprise ne sont pas terribles, on s’adapte ! La disponibilité du personnel pour le projet n’est pas totale, on s’adapte ! Les business units sont répartis aux coins du globe, on s’adapte ! La météo est mauvaise, on s’adapte ! On s’adapte à tout, même à la bêtise ! 🙂 Les américains utilisent une expression pour cela : « Start Where You Are ! » (« Commence de là où tu es ! »). Cette mise à jour de 2008 créa donc une approche standardisée plus « adaptable » que précédemment. Une adaptation aux facteurs environnementaux de l’entreprise et à leurs actifs organisationnels. Le PMBOK® passera de 44 à 42 processus et de 592 à 517 ITTO.

PMBOK® – 5ème édition – 2013 : Ici, le PMI® a souhaité mettre l’accent sur les parties prenantes d’un projet, car en effet, un salarié ou un voisin mécontent pourrait très bien bloquer un projet. Il convient donc d’avoir une tactique appropriée pour favoriser leur adhésion au projet. La 5ème édition du PMBOK® a donc ajouté un 10ème domaine de connaissances pour pouvoir davantage manager les attentes des parties prenantes. On passera de 42 à 47 processus et de 592 à 619 ITTO.  

PMBOK® – 6ème édition – 2017 : La 6ème édition s’est transformée, elle incorpore désormais différentes approches de développement de gestion de projet (approche prédictive, hybride, agile). On passera de 47 à 49 processus. La 6ème édition a ajouté pour la première fois de son histoire un 2ème livre de référence : un « Guide Pratique Agile » recensant plusieurs frameworks « Agile » (Scrum, Lean, Kanban, etc.). Il est composé du PMBOK® de référence (avec son standard et son corpus des connaissances) et d’un guide pratique « Agile ». Le PMBOK® 6ème édition est volumineux (977 pages).

PMBOK® – 7ème édition – 2021 : Ici, une mini-révolution est née. D’abord, car l’examen PMP® a connu une réforme importante le 2 janvier 2021 (Pour en savoir plus à ce sujet, cliquez-ici : comment préparer l’examen PMP en toute sérénité ?). Et ensuite, parce que pour la première fois de son histoire, le PMBOK® s’est scindé en deux « livrables » : d’un côté, un livre de référence, « le PMBOK® » habituel qui fut totalement réécrit ; de l’autre, une plateforme en ligne intitulée « PMIstandards+ ᵀᴹ » proposant des modèles, des techniques, des vidéos, etc. Le PMBOK® apportera désormais plus de réponses au « quoi faire » dans un projet et la plateforme en ligne répondra davantage à la question du « comment faire ».

PMBOK 6 VS PMBOK 7 VS PF STANDARDSPMI+

Astuce n°1 :

Pour télécharger le PMBOK® en français sur votre ordinateur et à moindre coût, la meilleure chose à faire est de devenir adhérent du PMI®. Pour ce faire, il vous suffit de vous rendre sur le site internet de l’association à partir de l’adresse suivante : www.pmi.org. Votre adhésion vous permettra de bénéficier d’une remise de 50% sur le PMBOK®. Je vous joins le lien de téléchargement, si vous souhaitez accéder à la page de téléchargement officielle : cliquez-ici. Une fois votre adhésion effective, vous serez considéré comme membre actif pendant 365 jours.    

Astuce n°2 :

Si vous comptez passer l’examen PMP®, vous pouvez également faire d’une pierre deux coups. Pour ce faire, il vous faut préparer votre dossier d’inscription à l’examen et le soumettre au PMI® (pour en savoir plus, sur le dossier d’éligibilité PMP®, vous pouvez cliquer ici : comment déposer son dossier d’éligibilité pmp). Là encore, il vaut mieux être adhérent du PMI® pour pouvoir le faire à moindre coût.   A partir du moment où vous allez payer votre inscription à l’examen (405 $ pour les membres du PMI® au lieu de 555 $ pour les non-membres), le téléchargement du PMBOK® sera téléchargeable gratuitement.

Conclusion : L’histoire du PMBOK® nous a prouvé qu’il s’agissait d’un référentiel dynamique cherchant à s’adapter au mieux aux nouvelles pratiques de gestion de projet, elles-mêmes calquées sur les diverses mutations de la société. Le PMBOK® n’est pas une méthode figée mais plutôt un recueil de bonnes pratiques permettant de satisfaire les exigences des diverses parties prenantes d’un projet. Je dirais qu’il n’est pas utile de le lire d’une traite. Il vaut mieux le lire au fur et à mesure en « méditant » sur ses principes d’actions ou de décisions, à l’exemple d’un livre de chevet ou d’un vadémécum que vous consulterez progressivement. C’est a minima un livre qui vous permettra de prendre les moins mauvaises décisions possibles. Enfin, si vous préparez la certification PMP® du PMI®, il vous apportera quelques éclairages sur les doctrines de prises de décision.

👉 Attention, si vous souhaitez vous préparer à la certification PMP®, retenez que le PMBOK®, n’est pas le seul guide de référence. Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à cliquer ici : comment se préparer à l’examen PMP édition 2021 en tout sérénité ?

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